Groupe Franc Pesce-Leduc

Michel Pesce, Durand, est l’adjoint de Paul Pioda au mouvement Libération. Ouvrier ébéniste, militant socialiste, Pesce arrêté une première fois en avril 1943, puis libéré et à nouveau condamné en juin 1943 pour menées antinationales.
Le 28 août, il se blesse lors d’une tentative d’évasion, alors que ses camarades, A. Pignier et Aimé Zurcher, militants de « Libération » réussissent la belle. Pesce est transféré à l’hôpital de Bourg.
Les chefs (Romans et Montréal » demandent à André Leduc, ancien des Corps Francs ainsi qu’à Michel Pesce, « Durand », et à Pelletier, ancien caporal des Tirailleurs marocains, de fonder un nouveau Groupe Franc. Celui-ci compte une douzaine d’hommes dont Roger Collet, Gaillot « Boby », Robert Venet, Durafour, Robert Tampion, Chanel, etc… André Levrier, « Lévèque » chef de l’Armée Secrète de Bourg, leur demande de rejoindre le camp de Pré-Carré sur le plateau de retord.
Cette unité, composée d’hommes très déterminés, est baptisée Goupe Franc Pesce ou "Groupe Sans Pardon".

Le 8 octobre 1943, André Leduc, "Dédé", militant des Mouvements de Bourg, ancien corps franc de 1940, organise le 8 octobre 1943 l’évasion de Pesce et de deux autres détenus politiques : Robert Venet et André Chiamberti (17 ans). Les 6 hommes doivent plonger dans une clandestinité totale, ils rejoignent, connaissant la filière, le camp de Nivigne prés de Chavannes-sur-Suran. (voir camp de Nivigne dans Maquis).
Le soir même, tout ce monde rejoint le camp de Nivigne:

  • André Leduc "Dédé" et Michel Pesce "Durand", adjoint de Pioda, qu’il vient de faire évader de l’hôpital de Bourg,

  • Robert Venet et André Chiamberti, détenus politiques, que viennent de libérer Leduc et Pesce,

  • A.Pignier et Aimé Zurcher, prisonniers de guerre qui se sont échappés, qui se joignent à leurs camarades.

Le 9 octobre 1943, à Bourg, Léon Perret, le frère de Jean Perret « Homère », membre des M.U.R., se blesse avec une arme avant de partir à une réception de parachutage avec Henri Groboz. Les trois hommes sont arrêtés, incarcérés à la prison, puis transférés à l’hôpital, où ils attendent plusieurs semaines l’occasion de recouvrer la liberté.
G.F. Pesce, en BresseLe commandement ordonne au G.F. Pesce une expédition sur l’Hôtel Dieu pour délivrer des Résistants hospitalisés. Le 16 novembre 1943, à 4H du matin, les hommes isolent l’hôpital, coupent électricité et téléphone, neutralisent les policiers de garde et emmènent les évadés dans des voitures qui gagnent le camp de Pray-Guy, prés de Brénod. Le docteur Mercier de Nantua vient les soigner peu avant d’être arrêté et exécuté.
En novembre 1943, lorsque le camp de Nivigne éclate, Michel Pesce, André Leduc, Pelletier, Zurcher, Venet, Tempion, Perret, Durafour, Chamberti restent fidèle à Romans.
Tous hommes d’action, ils créent le Groupe Franc Pesce sous l’autorité directe de Noël Perrottot "Montréal", chef du groupement Nord des Maquis de l' Ain.
Mi-janvier 1944, le groupe perd l’un de ses fondateurs, André Leduc « Dédé ».
Des hommes du Groupe, placés en protection d’un parachutage prés de Nantua, ouvrent le feu sur un camion voulant forcer un barrage. Dans la confusion «Dédé» est tué.

Vers Noël 43, le G.F. quitte le plateau de Retord pour Chamoise, prés de Nantua. Michel Pesce et André Leduc s’occupent déjà des basses besognes :

  • Le 19 octobre 43, exécution d’un hôtelier de Villieu Loyes. Il avait dénoncé à la Feldgendarmerie d’ Ambérieu une importante réunion de dirigeants lyonnais de l’ A.S., à Meximieux . Vergaville, Robert Ducasse, chef régional de l’A.S. et plusieurs de ses adjoints avaient été arrêtés.

  • Début décembre, exécution prés de Marlieux, d’un cafetier qui avait dénoncé un dépôt d’armes clandestin de l’Armée d’Armistice, rassemblé à la Trappe des Dombes. Les armes avaient été saisies et le Père Bernard, supérieur du monastère, déporté.

  • Prés de La Cluse le 11 janvier 1944, 2 locomotives mises hors service .

  • En gare de Bourg, le 16 janvier 1944, à 2H : 15, le Groupe Pesce s’introduit dans le dépôt et neutralise 11 locomotives.

En février 1944, lors de la 1ère attaque allemande, le G.F. Pesce quitte le camp de Chamoise incendié, pour la ferme des Monts d’Ain, où il reste un mois, avant de rejoindre Emondeau, où se trouvent des Maquisards du Haut-Jura, dont le Groupe Yann de Jean-Marie Vauchy.

Puis le G.F. Pesce, repartant en camion pour le château Rosy (Chavannes) se heurte à 2 barrages de gendarmerie de part et d’autre du pont de Serrières sur Ain, prés d’un café tenu par un milicien ; ce dernier parvient à s’échapper, mais un maquisard, médecin du Groupe Franc Yann est fait prisonnier puis déporté.
Le G.F. change alors de destination pour brouiller les pistes et gagne Grand Corent pour quelques jours, puis Chavannes. Là, un important parachutage est réceptionné et partagé entre le G.F. Pesce et les F.T.P. présents au Mont Rosy et fort démunis jusque là.
                                                              
Le G.F. Pesce reste trés actif :

Le 13 mai 1944, le GF Pesce et Werner et des éléments du 1er Bataillon F.T.P., après déboulonnage de la voie, font dérailler une locomotive et 8 wagons, entre Moulin-des-Ponts et Saint-Etienne du Bois.

  • La plaque tournante, le 2 juin 1944 : Le G.F. Pesce et Werner, cantonnés à Civria, un hameau de Bourcia, sabotent 15 machines et des aiguillages en gare de Bourg en Bresse.

  • Le 7 juin 1944, Les mêmes G.F. Werner et Pesce sabotent 38 machines.

Le G.F. Pesce prend une part importante lors de l'insurrection, et lors de l'Opération Treffenfeld (juillet44). Entre autre, Il détourne l'attention des troupes allemandes à la recherche des blessés, évacués de l'hôpital d'Oyonnax, d'abord réfugiés dans la colonie de vacance d'Oyonnax à Apremont,  puis cachés dans le bois de la Gotette. Les blessés entendaient les vociférations des Allemands.